Roi scandinave
Ce roi, en ivoire de morse, assis sur son trône à haut dossier, tient dans sa main la chevelure d’un guerrier. Le dossier est orné de bêtes imbriquées ressemblant à des dragons, dont l’une mord le guerrier. L’iconographie peut faire allusion à Sigurd (Siegfried) surmontant le méchant Regin, l’un des thèmes favoris des sagas nordiques, ou peut représenter la victoire des hommes sur les monstres des mondes souterrains. La sculpture complexe, avec son mouvement rythmique libre et agité, rappelle le style des dessins gravés sur la pierre tombale viking de l’île de Man et les pierres runiques suédoises de Sparlosa et Ramsund, qui dépeignent l’histoire de Sigurd et de Regin. Sigurd, poussé par son maître forgeron, Regin, affronte le terrible dragon Fáfnir afin de s’emparer de son fabuleux trésor. Mais, derrière cette quête, se cache la trahison : Regin convoite lui aussi le trésor et cherche à se débarrasser de Sigurd. Après avoir vaincu le dragon, le héros découvre la perfidie de son maître et le tue à son tour.
La pièce conserve une forme figurative, tout en restant marquée par la stylisation héritée des pièces islamiques. Cette représentation rappelle les figures du souverain indien monté sur un éléphant, porté sur son palanquin¹ : une image de pouvoir et de majesté, transposée dans le langage symbolique du jeu d’échecs.
¹ Un palanquin est une chaise ou une petite cabine portée par des hommes ou, dans certaines régions d’Asie, installée sur le dos d’un éléphant. Réservé notamment aux souverains et aux personnages importants, il servait à leurs déplacements et symbolisait leur rang et leur pouvoir.






















