Le principe des deux faiblesses, part 2

Lorsqu’un adversaire ne possède qu’une seule faiblesse dans sa position, il peut souvent concentrer ses pièces pour la défendre efficacement. Dans ce cas, il est difficile de percer la défense. La solution consiste alors à créer une seconde faiblesse ailleurs sur l’échiquier. L’adversaire se retrouve obligé de défendre deux points en même temps, ce qui disperse ses forces et finit souvent par provoquer une rupture dans sa position.

Un très grand joueur est à l’œuvre dans l’exemple suivant : il s’agit de Magnus Carlsen avec les pièces blanches. La partie se déroule au Norway Chess. Carlsen affronte son compatriote Aryan Tari, qui est un peu le petit poucet du tournoi, car il a moins d’expérience à ce niveau. Carlsen va montrer dans cette partie une très belle technique.

Êtes-vous capables d’identifier les faiblesses dans la position noire ?

  • Si on observe la position, on voit d’abord que les Noirs possèdent un mauvais fou. Le fou de cases noires est bloqué par ses propres pions, eux aussi placés sur des cases noires. Les pions sont donc fixés sur la même couleur que le fou, ce qui limite énormément son activité. C’est une première faiblesse importante.
  • Une deuxième faiblesse apparaît sur la case d5. Cette case constitue une case forte pour les Blancs, car elle peut accueillir une pièce blanche très active, notamment un cavalier.
  • On pourrait également penser au pion d6. Mais si l’on est rigoureux, ce pion n’est pas vraiment un pion arriéré faible. Un pion arriéré doit se trouver sur une colonne semi-ouverte pour pouvoir être attaqué facilement. Ici, la colonne est fermée par le pion d3 blanc, ce qui rend l’attaque du pion d6 beaucoup plus difficile. Ce pion est un peu en retrait dans la structure, mais il est relativement facile à défendre pour les Noirs. Ce n’est donc pas une véritable faiblesse.

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