Le principe des deux faiblesses, part 1
Le principe des deux faiblesses est un facteur stratégique des plus importants, utilisé avec succès par tous les grands joueurs. De manière générale, un camp qui n’a qu’une seule faiblesse pourra peut-être s’en sortir. Lorsque l’adversaire en crée une seconde, la tâche devient alors évidemment plus ardue.
Parfois, nous avons un net avantage : un pion passé, un pion supplémentaire, un bon contre le mauvais Fou de l’adversaire, etc. Mais nous ne trouvons pas toujours le moyen de convertir cet avantage en victoire ; l’adversaire est toujours capable de résister. Dans de telles situations, nous devons ouvrir un deuxième front à un autre endroit de l’échiquier et cette seconde faiblesse obligera l’adversaire à disperser ses forces pour défendre ce nouvel espace attaqué et, souvent, sa réponse ne sera pas suffisamment flexible pour lui permettre une défense efficace sur les deux ailes. Il est plus facile pour le côté attaquant de faire pression sur les deux cibles que pour le défenseur de se protéger sur toutes ses frontières et sa position s’effondrera tout simplement. Ce concept, connu depuis longtemps, fut formulé par le grand maître Aaron Nimzowitsch dans son célèbre livre, « Mon système ».
Tout d’abord, qu’appelle-t-on une faiblesse ?
La plupart du temps, ce terme est utilisé pour désigner une fragilité dans la structure de pion de notre adversaire, par exemple, un pion arriéré, un pion isolé, des pions doublés, des pions pendants, etc. Outre ces faiblesses de pion très courantes, la faiblesse pourra être une pièce ennemie faible, mais aussi un point fort de notre position, tel que le contrôle d’une colonne ouverte. La plupart du temps, une faiblesse dans le camp de notre adversaire nous donnera un léger avantage, car notre rival se trouvera sous une pression constante. Cependant, il pourra peut-être se défendre et, pour convertir notre avantage, nous devrons trouver un autre front offensif.
Voici une partie du célèbre entraîneur, Iossif dorfman avec les Noirs. Première question à se poser : qui a l’avantage et pourquoi ? Plusieurs éléments montrent que les Noirs sont mieux : ils ont plus d’espace, ils exercent plus de pression, ils disposent d’une cible claire dans le camp blanc. La faiblesse principale des Blancs est le pion e2. Ce pion possède plusieurs caractéristiques d’une faiblesse : c’est un pion arriéré il est situé sur une colonne semi-ouverte il n’est pas protégé par un autre pion il est difficile à avancer. Dès qu’il avance, les Noirs peuvent échanger et la structure blanche se détériore. Les pièces noires peuvent donc facilement l’attaquer avec les tours et la dame. Cependant, malgré cette faiblesse, les Blancs peuvent encore tenir la position, car ils peuvent défendre le pion avec quatre pièces. Conclusion : une seule faiblesse ne suffit généralement pas pour gagner. Mais s’ils doivent en défendre deux en même temps, la tâche devient beaucoup plus difficile. Il faut donc trouver comment créer cette deuxième faiblesse.





















