Intelligence très secrète

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Pendant la Première Guerre mondiale, Capablanca résida aux États-Unis, jouant et échangeant des courriers avec le champion du monde Lasker, citoyen allemand et patriote. Un jour de 1918, deux discrets gentlemen de Washington vinrent le visiter. C’étaient deux agents du contre-espionnage qui enquêtaient sur sa correspondance avec l’étranger, rempli de symboles étranges : 10. Fxe7 Dxe7 11. O-O Cxc3 12. Txc3 e5.

— Qu’elle est cette clef ? », demandèrent les agents. Très sérieusement, Capablanca répondit :
— Ce sont des symboles pour une manœuvre de libération !
— Comment cela ? », s’inquiétèrent les agents à l’unisson. Casablanca éclata de rire et, après de longues explications, les policiers comprirent, rassurés :
— Ah, c’est comme les Dames !
— Effectivement, comme les dames, mais avec des cavaliers.

Notre Cubain se rendit alors compte qu’il n’y avait peut-être pas tant que cela d’intelligence dans l’Intelligence Service américain !

En définitive, cette anecdote illustre davantage l’esprit et le charme du monde des échecs que la rigueur historique. Si le contexte de la Première Guerre mondiale et les échanges entre José Raúl Capablanca et Emanuel Lasker rendent l’histoire crédible, rien ne permet de l’attester avec certitude. Qu’elle soit vraie ou embellie, elle rappelle surtout combien le langage des échecs peut paraître mystérieux aux non-initiés… et combien l’humour n’est jamais très loin de l’échiquier.

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