Alcool, classe et distinction

Bien avant les clubs modernes, les échecs se jouaient surtout dans des lieux de rencontre comme les cafés, tavernes et pubs, où l’on venait autant pour discuter et boire un verre que pour jouer. Au XIXᵉ siècle à Londres, le célèbre Simpson’s-in-the-Strand était un haut lieu du jeu. De grands-maîtres comme Paul Morphy ou Emanuel Lasker s’y retrouvaient régulièrement. À Paris, le mythique Café de la Régence jouait le même rôle. Des champions comme Louis-Charles Mahé de La Bourdonnais y passaient des heures dans une ambiance animée et conviviale.

Le célèbre Café de la Régence à Paris en 1874 – M. Horsin-Déon

Cette proximité se retrouve dans la publicité du XXᵉ siècle : de nombreuses marques d’alcool ont utilisé l’échiquier pour évoquer stratégie, raffinement et art de vivre. Le joueur d’échecs devient une figure d’élégance intellectuelle.

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Publicité des années 1940

Une fois de plus notre jeu est associé à l’alcool et au tabac. Attention ! Point de « gros rouge qui tache », ni de la plébéienne Gauloise : buveur d’Armagnac et fumeur de pipe qu’il est notre joueur d’Échecs. Pochtron et tabagique, soit, mais avec classe et distinction. Le jeu reste encore attaché à des valeurs bourgeoises, alors que nous savons tous que dans nos clubs se côtoie amicalement toute classe sociale… mais sans alcool 🙂 . Aujourd’hui, le lien existe encore à travers des soirées échecs dans les bars.

Des cafés d’hier aux clubs d’aujourd’hui, les échecs restent surtout un formidable vecteur de lien social, ouvert à tous.

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