Les voies obliques
Le pion, dans sa simplicité, marche droit devant lui, mais lorsqu’il prend, il le fait obliquement…
Le pion, dans sa simplicité, marche droit devant lui, mais lorsqu’il prend, il le fait obliquement…
« Il vaut toujours mieux sacrifier les pièces de son adversaire. » Savielly Tartakower
Monsieur, l’avait un jour apostrophé un millionnaire, vous ne participez aux tournois que pour l’argent, alors que moi, je n’y viens que pour l’honneur ! »
« Chacun joue pour ce qu’il n’a pas ! » lui renvoya le champion du monde ! Qui est-ce ?
Ce dessin, un classique de l’humour britannique publié dans le magazine satirique Punch, joue sur un stéréotype très ancré de son époque…
Depuis toujours, les échecs stimulent l’imaginaire. Leur profondeur stratégique, leur silence et l’intensité de la réflexion qu’ils exigent ont nourri une image romantique du joueur d’échecs : celle d’un génie solitaire, entièrement absorbé par son jeu, au point de sombrer dans la folie.
Les échecs sont aussi mystérieux que les femmes. Cecil John Seddon Purdy (1906-1979)
Le Versus de scachis est considéré comme le plus ancien texte occidental consacré à ce jeu. Composé vers la fin du Xe siècle, probablement en Italie du Nord, il nous est parvenu grâce à deux manuscrits conservés à l’Abbaye d’Einsiedeln.
Notre ami Pierre, collectionneur passionné de tout ce qui touche au jeu d’échecs, nous fait parvenir cette photographie, accompagnée de ce commentaire : « Cette rare photo de BB (achetée à prix d’or) jouant au noble jeu ! D’après l’attitude, ça semble être plutôt une initiation… »
Sur l’échiquier des maîtres, le mensonge et l’hypocrisie ne durent pas longtemps. Ils sont frappés, tôt ou tard, par l’éclair de la combinaison créatrice ; ils ne peuvent détourner la vérité, du moins pas pour longtemps, et le soleil de la justice brille avec éclat dans les combats des maîtres d’échecs.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Les aristocrates à la lanterne. Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Notre existence tout entière est semblable à une partie d’échecs dont nous devons apprendre les règles. La nature ne triche jamais, ne se laisse jamais corrompre et ne modifie jamais ses lois pour satisfaire notre incompréhension.
Il était leur prisonnier et aspiré par eux. Horreur, mais aussi harmonie suprême : qu’y avait-il, en effet, au monde en dehors des échecs ? Le brouillard, l’inconnu, le non-être…
Wilhelm Steinitz n’a jamais connu l’aisance financière. Joueur professionnel à une époque où les échecs rapportaient peu, il vécut souvent dans des conditions précaires et dépendait des prix des tournois, des matchs et de ses activités de journaliste.
J’avais alors douze ans. On m’amena, un jour, dans un club d’une petite ville de province. Dans un coin, je vis jouer deux messieurs. Je m’assis et les observais. Depuis l’enfance, j’avais l’habitude de rester assis tranquillement et observer les autres jouer.
Au-delà de son charme, cette image raconte une époque où la pratique des échecs était souvent réservée aux milieux les plus instruits et les plus aisés.
Le jeu d’Échecs inspira la réflexion des philosophes des Lumières qui étaient pour la plupart joueurs. Voltaire, lui, était un mauvais joueur, dans tous les sens de l’expression : il perdait souvent et n’aimait pas perdre !
Savielly Tartakower est l’une des grandes personnalités de l’histoire des échecs, non seulement par son style de jeu brillant et inventif, mais aussi par la richesse de sa vie et la qualité de son caractère.
En une occasion Capablanca et le Grand Maître yougoslave Milan Vidmar ajournèrent une de leurs parties pour la terminer le lendemain. Vidmar avait analysé que sa position était perdue, mais n’avait pas voulu signer son abandon pour tester son hypothèse en jouant quelques coups de plus.
À partir du XIIIe siècle, la pratique du jeu d’échecs est devenue courante en Occident. Des joueurs éclairés ont voulu assurer au roi des jeux le prestige et la légitimité de la haute Antiquité.
Un psychiatre, ami du champion du monde Mikhail Tal, lui proposa un jour de disputer une partie contre l’un de ses patients, dont la folie consistait précisément à se croire champion du monde d’échecs.