Garin, le noble cœur
Charlemagne avait un jeune soldat nommé Garin. Tant était grande sa valeur qu’il gagna l’admiration des chevaliers et l’amour des belles dames de la cour. L’impératrice elle-même tomba sous le charme du galant jouvenceau. Mais l’honnête et fidèle Garin repoussa ses avances. L’impératrice, prise de remords ou vexée de l’affront, raconta tout à son impérial époux. Charlemagne fit appeler Garin et lui proposa :
— Faisons une partie d’Échecs. Si tu gagnes, je t’offre mes deux royaumes, toutes mes possessions et mon épouse. Si je gagne, tu payeras cette défaite de ta vie ! »
Garin fut bien forcé d’accepter, mais Charlemagne ignorait que le damoiseau était un joueur expert et, après une longue lutte d’attaques et de contre-attaques, Garin accula son souverain et le mat. Charlemagne, dépité, accepta sa défaite :
— Fais ce qu’il te plaît, prends ce qui a été promis. » Mais le chevaleresque Garin prouva, une fois de plus, sa loyauté envers son maître en renonçant à ses gains.
Le noble jeu d’échecs étant apparu au plus tôt vers l’an mille, il est peu probable que l’empereur à la barbe fleurie ait réglé son différend avec ce franc chevalier de cette manière.























