Faiblesse
« Seul un grand joueur sait à quel point il joue faiblement. »
Xavier Tartacover
Cette phrase, lucide et ironique, résume bien Xavier Tartakover (1887-1956), figure haute en couleur du monde des échecs. Né à Rostov-sur-le-Don dans l’Empire russe, Tartakover, d’origine polonaise, devint citoyen français après la Première Guerre mondiale. Il était non seulement un joueur de haut niveau – grand maître international, champion de France en 1934 et 1945 – mais aussi un esprit vif, connu pour ses formules pleines d’esprit, « Il vaut mieux sacrifier les pièces de l’adversaire », que les joueurs appellent aujourd’hui les « Tartacoveries » .
Plus l’on progresse dans notre jeu, plus l’on prend conscience de l’ampleur de ses propres limites. Cette humilité n’est pas signe de faiblesse, mais de maturité. Le débutant peut se croire fort après quelques victoires, tandis qu’un joueur experimenté, confronté à la complexité infinie du jeu, sait combien il lui reste à apprendre et combien chaque coup comporte d’imperfections : « Le vainqueur d’une partie est celui qui commet l’avant-dernière erreur », disait-il encore. Reconnaître ses faiblesses, c’est déjà progresser.