De l’Afghanistan à Planoise

Retour de notre ronde des quartiers à Mandela, où nous rencontrons Shamil, Planoisien d’origine afghane et excellent joueur, qui nous dame le pion de belle manière.

Shamil, à gauche, malmène Michaël !

L’Afghanistan possède un lien ancien avec ce jeu millénaire. Situé entre l’Inde et la Perse, le pays se trouve au croisement des routes où le chaturanga indien et le shatranj persan se sont transmis et transformés, donnant naissance aux échecs modernes. Dans les cours princières et parmi les lettrés, ce jeu d’esprit était apprécié autant pour sa complexité que pour la beauté de ses combinaisons.

L’histoire récente a toutefois été plus tourmentée. Sous le premier régime taliban, entre 1996 et 2001, les échecs ont été interdits, considérés comme une distraction inutile. Après 2001, une renaissance a vu le jour : la Fédération afghane des échecs a été relancée, des tournois nationaux ont été organisés, et de jeunes joueurs ont commencé à se faire un nom. Aujourd’hui, avec le retour des talibans en 2021, le gouvernement a interdit officiellement la pratique des échecs, les assimilant à un jeu d’argent contraire à leur loi sur la propagation de la vertu et la prévention du vice, mais le jeu continue de vivre à travers des clubs discrets, des parties jouées entre amis et des plateformes en ligne.

Shamil, ainsi que plusieurs de ses amis, jouent beaucoup aux échecs, bien que le plus souvent en ligne. Nous les avons encouragés à rejoindre notre club.

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